Dany JUNG

Les contes de Jung
On aurait pu attendre de la part d'un homme venu des forêts enneigées d'Alsace (cette Sibérie française, peuplée, croyait-on encore il y a peu, de loups et autres bestioles maléfiques) qu'il nous plonge dans l'univers sombre et cruel des frères Grimm, ces formidables collecteurs d'imaginaires européens.
Mais, démarcheur insatiable de la planète, arpenteurs des grands espaces et des cieux illimités, flâneur amoureux des cités lumineuses et des êtres qui y vivent, c'est dans l'or d'un soleil d'Orient recréé, d'une Asie réinventée, d'une Mongolie souvenue, d'une PErse d'un temps d'avant la séparation des continents et des cultures, que Dany Jung nous entraîne, nous prenant fraternellement par la main pour nous faire une révélation, douce, mais décisive, organisant chacune des ses oeuvres comme un conte, non des mille et une nuits, mais des mille et un jours, les mille et un jours d'une Humanité pétrie peut-être de terre, mais surtout de grâce. La révélation qu'il nous offre c'est que cette grâce en nous, humains et animaux confondus, qui saura vaindre la pesanteur.
Oui, il y a, chez Dany JUNG, l'intuition quasi quantique que l'accueil de la beauté et la jubilation d'être au monde font contrepoids à la terrible loi de la gravitation restreinte ou générale qui régit notre planète. Voyez comme il organise des conjurations muettes, mais d'uhne musicalité et d'une chorégraphie inouïes, entre chevaux et cavaliers, cornacs et éléphants, enfants et oiseaux, pour refuse la chute, danser au-dessus de l'abîme, chacun s'entraidant, s'encourageant, voire se provoquant, pour contredire ensemble la Loi inique du déséquilibre. Regardez comme ils se confient à l'oreille, au moment même de ce qui pourrait être leur bascule irrémédiable dans l'insodable, des secrets d'eux seuls connus pour dire non à la catastrophe, garder l'élan originel, rester concentré dans le plaisir pur du geste.
Rien, pourtant, n'est nié : ni l'effroi soudain devant le gouffre, ni l'effort de l'envol, mais tout est dépassé et vécu comme autant d'extases. Dans ces extases, il y a assurément, pour Dany Jung, le bonheur d'être ensemble, animaux et humains, mâles et femelles, enfants et adultes unis dans une tendresse cosmique l'un pour l'autre, l'autre pour l'un, nous tous, du même coup, qui regardons ces oeuvres, qui écoutons ces contes, réconciliés avec nous-mêmes et l'univers, convaincus que, oui, la grâce peut vaincre la pesanteur et que si le monde est plein d'embûches, il reste beau, beau à danser de joie au-dessus de ses abîmes.
Jean-Yves PICQ

 

Le doute - Bronze

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Tension - Bronze